Définition de la méthode Agile, avantages et limites

La méthode Agile est presque devenu un buzzword incontournable du management moderne. Pourtant il s’agit plus d’une approche que d’une méthode, et d’autre part, cette approche recouvre elle-même plusieurs méthodes (Scrum, Kanban pour les plus connues, et les combinaisons de ces méthodes entre elles comme, par exemple, Scrumban, un hybride entre la méthode Scrum et la méthode Kanban). En conclusion, « Agile » ne peut être réduit à un concept marketing, il s’agit d’une approche permettant d’augmenter les chances de réussite d’un projet informatique.

Définition, avantages et limites de la méthode Agile

Définition de la méthode Agile

Le terme de « méthode Agile » recouvre en fait plusieurs approches de gestion de projet dans le domaine de l’informatique. D’aucuns disent ainsi qu’Agile est, plus qu’une affaire de méthodes, avant tout un état d’esprit, une façon de voir le monde du projet et de l’entreprise dans son ensemble. Les méthodes qui sont connues sous la bannière « Agile », dont Scrum et Kanban sont les plus connues, reposent sur 4 priorités sur lesquelles le projet doit se concentrer. Ces priorités, et les 12 principes ci-dessous, sont issus du manifeste Agile, le document fondateur de l’approche du même nom :

  • Les individus et leurs interactions importent plus que les processus et les outils
  • Des logiciels opérationnels importent plus qu’une documentation exhaustive
  • La collaboration avec les clients importe plus que la négociation contractuelle
  • L’adaptation au changement importe plus que le suivi d’un plan

De ces 4 grandes règles découlent 12 principes :

  1. Satisfaire le client en livrant rapidement et régulièrement des fonctionnalités à grande valeur ajoutée.
  2. Accueillir positivement les changements de besoins, même tardivement. Les approches agiles exploitent le changement pour donner un avantage compétitif au client.
  3. Livrer fréquemment un logiciel opérationnel avec des cycles de quelques semaines à quelques mois avec une préférence pour les plus courts.
  4. Les utilisateurs et les développeurs doivent travailler ensemble quotidiennement tout au long du projet.
  5. Réaliser les projets avec des personnes motivées. Leur fournir l’environnement et le soutien dont ils ont besoin et leur faire confiance pour atteindre les objectifs fixés.
  6. La méthode la plus simple et la plus efficace pour transmettre de l’information à l’équipe de développement et à l’intérieur de celle-ci reste le dialogue en face à face.
  7. Un logiciel opérationnel est la principale mesure d’avancement.
  8. Les processus agiles encouragent un rythme de développement soutenable. Ensemble, les commanditaires, les développeurs et les utilisateurs doivent être capables de maintenir un rythme constant.
  9. Une attention continue à l’excellence technique et à une bonne conception renforce l’agilité.
  10. La simplicité — c’est-à-dire l’art de minimiser la quantité de travail inutile — est essentielle.
  11. Les meilleures architectures, spécifications et conceptions émergent d’équipes auto-organisées.
  12. À intervalles réguliers, l’équipe réfléchit aux moyens de devenir plus efficace, puis règle et modifie son comportement en conséquence.

Ces principes, correctement appliqués, permettent non seulement de fournir un produit rapidement opérationnel qui corresponde aux attentes du client, mais également de prévenir les tensions au sein ou entre les équipes, et éviter les burnouts en réduisant les efforts en dents de scie et éliminant le travail superflu.

Bref historique de la méthode Agile

Au fur et à mesure que l’informatique s’est développée, les méthodes de gestion de projet issues de l’industrie se sont trouvées de moins en moins adaptées. La révolution numérique rend en effet les anticipations plus incertaines, que cela concerne les souhaits des clients finals, l’environnement de l’entreprise, le marché et les concurrents, et donc le produit lui-même. Dès lors, il était nécessaire de concevoir des méthodes plus efficaces, permettant à l’entreprise de créer le produit en étroite collaboration avec le client, et en l’adaptant avec justesse aux évolutions mentionnées précédemment.

En 2001 se sont rencontrés 17 des concepteurs des principales nouvelles méthodes de gestion de projet (Scrum, Crystal Clear, DSDM, Extreme Programming…), pour fixer les quatre principes fondateurs de ce que ces experts baptiseront au cours de cette réunion les « méthodes agiles ».

Méthode Agile : éléments clé et schéma récapitulatif

Bien qu’il existe une dizaine de méthodes agiles, deux d’entre elles sont très largement utilisées : Scrum et Kanban. Voici sur le schéma ci-dessous une comparaison des deux méthodes.

Définition, avantages et limites de la méthode Agile

Definition des méthodes Scrum et Kanban, les deux méthodes les plus courantes de l’approche Agile

Bilan & critique de la méthode Agile

La méthode Agile est devenue un incontournable des projets, notamment informatiques. Mais elle n’est pas exempte de critiques ni de limites, notamment dans sa mise en œuvre. Citons-en quelques-unes ici :

  • D’une part, un grand nombre de sociétés appliquent la méthode Agile dans des micro-équipes, isolées du reste de l’entreprise, sans pour autant s’y tenir réellement. Elle devient alors une sorte d’alibi pour tester et moderniser le discours de l’entreprise. Il s’agit d’une incompréhension de la méthode qui ne peut s’appliquer isolément, mais doit au contraire faire partie d’un ensemble cohérent.
  • La description du besoin est aussi une faiblesse des projets agiles. Les développements se faisant en continu, sans cahier des charges, cela peut mener à des incompréhensions et des faiblesses de documentation en amont comme en aval des projets. Souvent, les sociétés qui pratiquent ces méthodes dans des domaines de production IT (par exemple dans les télécoms) recourent à une hybridation de la méthode, en réalisant de mini cahiers des charges, qui évitent les incompréhensions et les malentendus, tout en permettant de mieux suivre les projets tout au long de leur déroulement.
  • La nécessité de s’adapter culturellement aux exigences de la méthode Agile est également un défi pour grand nombre d’entreprises traditionnelles, et notamment de grandes entreprises, qui se trouvent dépassées par le côté innovant de cette approche (d’où le refuge dans les mini-équipes de tests décrites ci-dessus).
  • La méthode Agile est souvent présentée de manière lapidaire comme une alternative définitive à la méthode traditionnelle de projet dite « Waterfall ». Pourtant, si la plupart des projets se prêtent théoriquement à ces approches, celles-ci ne sont pas toujours les plus adaptées.
  • La méthode Agile rend possibles une correction des erreurs et l’ajout de fonctionnalités en continu, tout au long de la vie du développement. Cet apport, malgré toute sa richesse et son intérêt, ne doit pas faire oublier les fondamentaux des tests et notamment des tests de régression. En résumé, il ne faut pas confondre méthode Agile et développement sans contrôle.

Ces limites ne doivent cependant pas faire perdre de vue les avantages de l’approche Agile, qui restent certains, à condition qu’elle soit employée à bon escient.

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